Le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI) a détaillé, lors de son 18ᵉ séminaire “Entertainment and Creative Industrial Policy” tenu le 27 mars, sa feuille de route pour doper l’influence des industries créatives nippones à l’international. L’objectif affiché est massif : porter le marché overseas cumulé (anime, jeux vidéo, manga, etc.) à 20 000 milliards de yens d’ici 2033, soit environ 125 milliards de dollars.
Côté anime, le gouvernement vise une accélération nette : atteindre 6 000 milliards de yens (environ 37 milliards de dollars) sur le seul marché overseas, soit près d’un triplement en moins de dix ans. Pour situer la progression, l’export représentait 1 459,2 milliards de yens en 2022, puis 1 722,2 milliards en 2023, avant de grimper à 2 170,2 milliards en 2024. La stratégie mise en avant s’articule autour de la production de “blockbusters” et d’une revalorisation des rémunérations indexées sur la performance des équipes.
Le plan s’étend aussi au jeu vidéo et au manga. Le secteur du gaming devrait passer de 3 400 milliards de yens à 12 000 milliards de yens à l’étranger d’ici 2033, avec un focus clair sur le mobile et le PC : soutien à des productions “grand format”, renforcement des plateformes de développement, et incitations fiscales dédiées à la R&D. Pour le manga, l’ambition est de passer de 300 milliards à 1 000 milliards de yens, en combinant localisation, amélioration de la distribution officielle et offensive anti-piratage.
En additionnant les objectifs 2033 de l’anime et du jeu vidéo, on atteint déjà 18 000 milliards de yens, soit 90% du cap global de 20 000 milliards. Le reste du potentiel de croissance identifié concerne notamment la musique et des œuvres live action. Enfin, le marché mondial de l’anime a franchi un record en 2024 à 3 840,7 milliards de yens : 1 670,5 milliards au Japon et 2 170,2 milliards à l’international, avec une hausse annuelle globale de 14,8%, portée surtout par l’overseas (+26%).
