Un panel d’experts rattaché au ministère japonais de la Justice a tenu sa toute première réunion vendredi 24 Avril afin d’examiner comment mieux protéger les voix contre les usages non autorisés via l’IA générative. Le sujet concerne directement les doubleurs, comédiens et créateurs dont la voix peut être imitée, clonée ou réutilisée sans accord, avec des impacts économiques et réputationnels potentiellement importants.

Dès l’ouverture, le vice-ministre d’État à la Justice Hidehiro Mitani a souligné l’ampleur des pertes liées à ces détournements, tout en pointant un problème pratique : laisser aux victimes la charge de définir, devant les tribunaux, l’étendue exacte des protections serait trop lourd. Il a aussi rappelé que la vitesse d’évolution des technologies d’IA rend cette question urgente et complexe.

Aucune mesure concrète n’a été actée lors de cette première session. En revanche, le panel a établi que les “droits sur la voix” relèvent de la même famille juridique que les “droits à l’image” (portrait rights) et les “droits de publicité” (publicity rights) dans le cadre du droit japonais. Les prochaines réunions devront préciser comment les lois existantes peuvent traiter les atteintes liées à l’usage non autorisé de voix.

En parallèle, la mobilisation du secteur continue. Fin octobre 2024, plusieurs comédiens de doublage ont annoncé la création du collectif No More Mudan Seisei AI (“No More Unauthorized Generative AI”) pour se protéger contre ces pratiques. De son côté, le doubleur Yūki Kaji a lancé en juin 2024 son propre programme de synthèse vocale, Soyogi Fractal, évoquant des inquiétudes autour des questions de droits. Il a ensuite quitté l’agence VIMS le 8 avril, avant de fonder sa propre société dédiée à Soyogi Fractal dès le lendemain.